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Publié par apepaw

POURQUOI UNE PLACE COLONEL FLATTERS A WISSOUS

L’épopée tragique du Colonel Flatters avait beaucoup marqué et impressionné l’écolier que j’étais après la dernière guerre. Mes instituteurs savaient émouvoir et nous rendre fiers de notre pays au travers le courage et l’héroïsme de personnages tels que le Colonel Flatters.

Aussi quand je suis arrivé à Wissous voilà bientôt 50 ans, je me suis demandé pourquoi il y avait une place Colonel Flatters dans la commune. La décolonisation étant passée par là je ne suis pas certain que l’on exalte encore le patriotisme au travers le destin du Colonel Flatters.

Il est vrai que depuis l’école primaire je n’avais plus entendu parler de ce personnage aussi la découverte de la place du Colonel Flatters a fait remonter des souvenirs d’enfance.

J’ai rapidement appris que le Colonel avait habité à Wissous jusqu’à sa mort en 1881. Mais rappelons rapidement sa biographie.

Paul  François XavierFlatters est né à Paris le 10 septembre 1832. Sorti  de Saint-Cyr en 1853 il participe à guerre de Crimée avec le grade de lieutenant et s’y distingue. Nommé capitaine en 1861 puis commandant en 1871, il reçoit la légion d’honneur en 1875.

Après avoir eu des commandements important dans le Sahara, il est élevé au grande de lieutenant-colonel en 1879 et chargé par le gouvernement de trouver le meilleur tracé d’une voie de chemin de fer transsaharienne reliant l’Algérie au Soudan.

Il prend la tête d’une première mission le 5 mars 1880 mais celle-ci pas suffisamment importante et rencontrant de nombreuses difficultés fut obligée de rebrousser chemin quelques semaines plus tard.

La seconde mission, comprenant un effectif considérablement augmenté et diversifié, quittait Ouargla le 5 décembre 1880 et s’enfonça dans le désert.

La colonne put avancer et travailler relativement tranquillement pendant les deux premiers mois. Arrivée près du Hoggar, un groupe dirigé par le Colonel Flatters part à la recherche d’un point d’eau, mais trahi par ses guides touaregs elle tombe dans une embuscade tendue par des coreligionnaires le 16 février 1881. Le Colonel est tué avec tous ses hommes. Il est décapité et son corps brulé. Le restant de la colonne après avoir résisté aux touaregs, a reflué vers le nord, mais privé de chameaux, 12 survivants seulement,sans un seul européen,  sur les 97 membres de la mission regagnèrent l’Algérie.

Le massacre de la mission Flatters eut un grand retentissement en France et porta un coup d’arrêt à la pénétration française au Sahara.

Le Colonel Flatters, a fait la plus grande partie de sa carrière hors de la France. Il était marié avec une demoiselle Legros, sœur d’un de ses condisciples de St Cyr et membre d’une vielle famille Wissoussienne. L’un de celle-ci, Charles Legros,  entré en 1895 au conseil municipal de Wissous en devint le maire en 1919. Il sera réélu en 1925 et 1929. Les époux Flatters habitaient la grande maison bourgeoise* sise 21 rue du Général de Gressot (anciennement grande rue de la Vallée) et le Colonel revenait régulièrement dans notre commune.

En 1882, la veuve du Colonel Flatters épousa le Général de Gressot qui donna son nom à la propriété qu’il habita alors jusqu’à sa mort en 1896 et à la rue la bordant.

Le général de Gressot est enterré dans le vieux cimetière de Wissous, dans lequel a été érigé une stèle à la mémoire du Colonel Flatters, puisque naturellement le corps de celui-ci n’a jamais été retrouvé.

Le 13 novembre 1892 le conseil municipal de Wissous, par délibération, donne le nom du Colonel Flatters à la place de l’église.  C’est grâce à cette place que nous nous souvenons de lui et de son passage à Wissous.

  • Vue de la propriété au début du XX° siècle. Il pourrait être envisagé d’y apposer une plaque avec l’accord des propriétaires.

     

    

 

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