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Publié par Jean Claude Ciret

APEPAW                                                                          Wissous le 3 janvier 2020

 

DISPARITION DE LA PLUS ANCIENNE MAISON DE WISSOUS

UNE PERTE HISTORIQUE, PATRIMONIALE ET UN GACHIS FINANCIER POUR LA COMMUNE

Depuis le 17ième siècle, s’élevait au 21 rue Paul Doumer (anciennement rue de la Fontaine), la plus vieille maison de Wissous. Jusque dans les années 1970 s’y trouvaient deux commerces : une cordonnerie et une charcuterie. Ils  ont fermé peu après comme la plupart de ceux du centre historique et en particulier de la rue Victor Baloche.

Les logements situés à l’étage restaient occupés.

En 1999, l’association PACT-ARIM spécialisée dans la restauration des quartiers anciens, a fait une étude sur le patrimoine immobilier de la commune à la demande de la municipalité. Un rapport a été remis en 2000 dans lequel les architectes du patrimoine de PACT-ARIM confirmaient l’ancienneté de la maison du 21 rue Paul Doumer (17ième siècle) et spécifiaient que cette maison « avait un aspect massif, sans lourdeur donnant une grande impression de solidité et de stabilité »

A cette époque, le gros œuvre était donc en bon état et rien de s’opposait à sa conservation et à la modernisation des intérieurs du bâtiment.

Malheureusement le rapport de PACT-ARIM ne débouchera sur rien et fut oublié.

Le 20 novembre 2001, le conseil municipal de Wissous à l’unanimité vote une délibération autorisant le maire à faire toutes les démarches pour acquérir le bâtiment sis 21 rue Paul Doumer au prix des domaines fixé à 68 602,06 euros. Le propriétaire est vendeur depuis le 25 octobre 2001. D’autres acquéreurs se sont manifestés.

La justification donnée par la municipalité est :

  • la nécessité pour la commune de préserver le patrimoine dans le centre ville ancien de Wissous
  •  l’immeuble présente un intérêt manifeste au regard de la considération ci-dessus
  •  la politique communale  est de développer l’habitat en centre ville.

Il faudra se souvenir de ces justifications.

Le lendemain, l’APEPAW envoie  au maire un courrier pour se féliciter de cette décision et en lui demandant d’entreprendre des mesures de conservations sur le bâtiment (naturellement quand la commune en sera propriétaire).

Il s’en suit une longue période pendant laquelle rien ne se passe, à notre connaissance, concernant le 21 rue Paul Doumer, et on peut se demander pourquoi puisque selon la municipalité les deux parties étaient d’accord.

Enfin en 2006, la commune devient propriétaire du bâtiment. Déjà 5 ans de perdu pour prendre  au moins des mesures conservatoires.

A cette époque les lieux sont occupés par deux personnes, des cas sociaux d’après la municipalité. Celle-ci fait des démarches pour qu’elles quittent les logements et quand cela est obtenu elle décrète le bâtiment insalubre sans réaliser aucun travaux.

Depuis que la commune en est propriétaire, le bâtiment est laissé à l’abandon. Comme il avait tendance à recevoir des visiteurs indésirables, la municipalité  s’est contentée de  faire murer certaines ouvertures.

Plus les années passaient plus le bâtiment se dégradait et plus le coût de la réhabilitation augmentait, si bien que commune a essayé de le vendre. En 2008 la nouvelle municipalité a poursuivi dans cette voie. La vente à la Poste  aurait failli se faire, mais la restauration proposée ne convenant pas à la commune l’affaire n’a pas abouti. Des voisins du 21 rue Paul Doumer se sont également portés acquéreurs mais sans succès.

Quand le maire actuel est revenu aux affaires à Wissous en 2014, l’APEPAW lui a écrit pour lui signaler que  les propriétaires, voisins de la maison de la commune, étaient toujours acheteurs et qu’ils étaient très préoccupés de son état, celle-ci représentant un risque pour leurs propres bâtiments qui lui étaient accolés. En effet les toitures n’étaient plus étanches et la pluie venant de celles-ci s’écoulaient sur leurs murs. Il était patent à cette époque que les risques d’écroulement existaient, au regard  en particulier de la façon dont avaient été construits les murs au 17ième siècle. Il n’était pas nécessaire d’être sorti de Polytechnique pour s’en rendre compte et une commission de sécurité sérieuse aurait tout de suite détecté le danger.

Par retours du courrier le maire m’écrit « En ce qui concerne le 21 rue Paul Doumer je vais reprendre le projet de rénovation entamé avec TOIT et JOIE. A défaut je lancerai une opération immobilière de rénovation « 

Ensuite plus de nouvelles de la Mairie concernant ce bâtiment communal. Pourtant la Commission Extra-municipale Patrimoine et Environnement de Wissous (-CEPEW) créée par une délibération du conseil municipal le 24 juin 2014, dans un rapport suite à une de ses visites dans le vieux Wissous, avait attiré l’attention de la Mairie sur l’état d’abandon des bâtiments communaux sis 21 rue P. Doumer. Elle y soulignait  l’urgence à les réhabiliter afin entre autre de les rendre habitables.

Depuis près de 4 ans la CEPEW est ignorée par la municipalité et n’a plus d’existence réelle.

Les effondrements des 18 et 19 novembre 2019 d’une partie des bâtiments communaux en question ne sont pas une surprise. Ils auraient pu être mortels, une voiture heureusement vide ayant été écrasée.

Dans son édito de décembre 2019, le maire donne sa version, modèle de désinformation d’enfumage et de mensonge par omission. Il reporte une nouvelle fois la responsabilité sur les architectes des monuments de France alors  que ceux-ci ne donnent pourtant qu’un avis consultatif. Comment oser dire qu’il avait l’intention en 2019 de créer des logements dans ce bâtiment en ruine et qu’il voulait privilégier la remise en état avec création de logements et de commerce alors que pendant 20 ans il l’avait laissé à l’abandon. C’est ce moquer du monde et nous prendre pour des gogos. Le maire promet, ne fait rien, attend que le patrimoine s’écroule en rendant responsables les architectes des bâtiments de France. Il en est de même pour château Gaillard, de l’Orangerie  du pavillon du domaine Les Etangs, du Legs Dhommée, du château de Montjean …. Il n’a pas le courage d’avouer qu’il n’a que faire du patrimoine communal.

L’expert diligenté par le Tribunal Administratif le 21 novembre reconnait que l’effondrement des bâtiments communaux met en danger ceux qui sont mitoyens. Ces bâtiments communaux devront être détruits

Le 16 décembre le conseil municipal vote la destruction des bâtiments communaux du 21 rue Paul Doumer. Le maire devait nous tenir au courant mais  rien n’est dit à ce sujet dans la gazette de janvier.

La situation actuelle, due à l’incurie des municipalités en particulier celle en activité, est telle que les bâtiments sont donc condamnés à  être rasés. Le cout de cette démolition est estimé à 150 000 euros. A cela il faudra ajouter l’étaiement des bâtiments accolés appartenant à d’autres propriétaires. L’ensemble des constructions est un château de cartes. La suppression de l’une d’elle met les autres en danger. L’écroulement étant du au manque d’entretien des bâtiments communaux, la commune de Wissous sera donc vraisemblablement tenue responsable. L’affaire sera certainement traitée par la justice. En effet,  l’écroulement a fragilisé les logements mitoyens, obligeant leurs occupants à déménager et supprimant de fait les loyers causant un préjudice financier pour les propriétaires qui sont en droit de demander une indemnisation.

De toute façon la commune est partie dans un contentieux de plusieurs années qui devra être traité par la prochaine municipalité et qui coutera très cher à la commune.

Cette municipalité aura été celle des écroulements et des destructions de bâtiments communaux : château Gaillard, château de Montjean, 21 rue Paul Doumer ….

Elle aura abîmé la commune et son patrimoine laissé à l’abandon et remplacé par des algécos et des préfabriqués.  Même son prédécesseur a un meilleur bilan.

                                                                                        APEPAW

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