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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 11:32

Wissous le 6 octobre 2012

 

APRES LE PATRIMOINE NATUREL

LA MUNICIPALITE DETRUIT LE PATRIMOINE ANCIEN DE WISSOUS

 

Lors de la réunion du conseil municipal du 4 octobre, la majorité de celui-ci et l’inconditionnel M. Maréchal, ont voté la destruction du petit pavillon des 17° et 18° siècles du domaine Les Etangs. PavgardLesEtangs064red.jpgPavgardLesEtangs064redL’opposition et les conseillers exclus de la majorité ont voté contre. L’APEPAW milite depuis plus de 10 ans pour que ce bâtiment unique en son genre et loué par les architectes du patrimoine de PACT-ARIM (voir ci-dessous l’analyse de l’étude) soit conservé et réhabilité.

Le maire a déclaré ne pas avoir retrouvé l’étude faite, par les architectes du patrimoine de PACT-ARIM, à la demande de la municipalité précédente. Malgré tout il affirme que dans cette étude il n’est pas indiqué que «  le pavillon est un témoin précieux du passé qu’il faut restaurer à l’identique » Il pousse la mauvaise foi jusqu’à prétendre que le pavillon n’a aucun intérêt du fait qu’il a été réalisé à plusieurs époques. Une telle déclaration montre le manque de culture du maire, car la construction de la plupart des monuments historiques s’est étalée sur de longues périodes et souvent sur plusieurs siècles.

La délibération a été votée, après le charabia  incompréhensible habituel de l’adjoint à l’urbanisme, sans que les conseillers sachent en quoi consisteront les nouveaux bâtiments qui de toute façon défigureront complètement le patrimoine existant.

La belle entrée ancienne  avec sa grille et la vieille cour pavée seront supprimées. L’accès au domaine se fera par l’entrée située au niveau du nouveau parking. 

                                                                                            

                                                                                            

ANALYSE DU PATRIMOINE ARCHITECTURAL DU CENTRE DE WISSOUS

 

La consultation de l’étude de PACT-ARIM a été faite en 2000 et les extraits  de celle-ci figurant ci-dessous datent de cette consultation.  Les commentaires de l’APEPAW ont été ajoutés en 2010 et légèrement modifiées en octobre 2012.

 

N.B.  Les parties du texte ci-dessous en caractères droits sont issues intégralement de l’étude des architectes du patrimoine de 1999 et les parties en caractères italiques  sont les commentaires de l’APEPAW

  

 

En 1999 la municipalité d’alors avait manifesté des velléités de lancer une grande opération de réhabilitation du village et pour cela avait commandé une étude sur son patrimoine architectural. Cette étude  faite par les architectes du patrimoine de PACT-ARIM a été remise début 2000, mais l’affaire en est restée là malgré les interventions de l’APEPAW pour que le projet se poursuive.

 

Dans cet article nous allons faire un résumé de cette étude très intéressante et qui reste globalement malheureusement tristement d’actualité. Voici les principaux constats des architectes du patrimoine:

 

230 bâtiments du vieux Wissous nécessitent une réfection de leurs façades et 100 de leurs structures.

Son paysage urbain est triste et peu attractif et a un aspect dégradé.

Les maisons les plus anciennes (17ièmesiècle) sont situées aux 3 rue Lemercier et 21 rue Paul Doumer. Elles ont un aspect massif mais sans lourdeur et donnent une impression de solidité et de stabilité.

Les bâtiments des fermes qui existent encore dans les rues Victor Baloche, Guillaume Bigourdan, Paul Doumer, de la Ferme, et Amiral Mouchez datent du 17ième et 18ièmesiècles. Ces fermes pour la plupart ne sont plus en activité.

Au 32 rue Victor Baloche, l’ancienne ferme possède toujours son pavage d’origine.

Un certain nombre de maisons de ville a une architecture intéressante :

-         Le bâtiment situé au 1 rue Victor Baloche qui a été malheureusement défiguré.

-         Les maisons au 2 et au 4 place du Colonel Flatters derrière l’église

-         Celle du 15 rue de la Division Leclerc

-         Celle du 14 rue Victor Baloche qui date de la fin du 18ièmesiècle.

 

Des maisons bourgeoises et de maîtres méritent l’attention. Elles sont situées :

-         aux 37 et 39 rue du Général de Gressot

-         aux 11 et 13 rue de l’Amiral Mouchez (Legs Dhommée) édifiées au 19ième siècle

-          au 2 rue André Dolimier à l’angle de la place du Colonel Flatters datant du début du 19ièmesiècle.

-         La maison de maître du domaine les Etangs (deuxième moitié du 18ième siècle) a été très modifiée lors de sa restauration et a perdu tous les éléments de modération que contenait sa façade.

 

Les dépendances en face sont un témoin précieux du passé avec des façades qu’il faudra restaurer à l’identique. Le pigeonnier et les annexes doivent aussi être conservés.

 

La maison bourgeoise de Château Gaillard est assez rare et mérite une réfection à l’identique.

 

Les passages couverts, les portes cochères, les clôtures anciennes, les portails, les sols des cours de ferme sont à restaurer également à l’identique ainsi que les vieilles grilles.

 

Ont été identifiés :

-         358 bâtiments dont 23 maisons. Deux sont en péril. Les bâtiments les plus anciens sont très dégradés en général.

-         .262 des bâtiments soit 66% nécessitent un ravalement lourd. Le ciment utilisé est incompatible  avec le type des murs anciens.

-         265 cours ou jardins dont 68 sont à refaire et 77 doivent conserver leurs revêtements en pavés

-         157 bâtiments  présentant un intérêt architectural.

-         68 bâtiments sont occupés par une activité (32 entreprises, 4 professions libérales, 16 services, et 16 commerces)

-         66 % de façades défigurées par des fils de toutes sortes

-         6% de bâtiments ayant un défaut de raccordement au réseau d’assainissement.

-         60 logements vacants

 

 

L’étude remarque que :

 

-         L’ancienne imprimerie Lalande et le Legs Dhommée ont un aspect visuel très dégradé.

-         Les entreprises et entrepôts installés dans la vieille ville font perdre l’image urbaine des rues.

-         Les cheminements de traverse manquent d’éclairage,

-         Le nombre des luminaires devrait être augmenté

-          Le centre ville est aménagé pour les véhicules à moteurs et  pas pour les piétons. Des cheminements devraient être aménagés pour ceux-ci.

-         La rue du Général de Gressot est dangereuse.

-         Un parking  public dans la cour de la Grange au Dîmes serait utile pour redynamiser le centre ville.

-         Un cheminement pour piétons reliant le centre St Exupéry et le domaine  »Les Etangs » serait souhaitable. Il passerait derrière l’ancienne imprimerie Lalande traverserait le parc de la propriété anciennement de Gressot.

 

Conclusions

 

Elle conclut que les propriétaires bailleurs souhaitent que des travaux intérieurs et extérieurs soient entrepris car  nécessaires à l’amélioration de la qualité et l’image du centre de Wissous et de la commune.

 

L’incitation auprès des propriétaires et commerçants à réaliser ces travaux, doit s’accompagner d’une aide matérielle et administrative.

 

Une étude sur l’éventualité de la mise en place d’une Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysagé (ZPPAUP) devrait être lancée.

Les objectifs de valoriser l’habitat, les commerces, le cadre de vie, d’améliorer la situation des logements pour les jeunes ménages, les personnes âgées et à faibles revenus, en y intégrant ceux du Plan Local d’Urbanisme permettent d’avoir accès à toute une série d’aides par le biais de

-         l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH)

-         La Prime à l’Amélioration de l’Habitat (PAH)

-         Rachats de baux par les opérateurs (HLM, promoteurs, associations ...)

-         Mise en place par arrêté d’un Programme d’Intérêt Général (PIG)

-         Conventions ville/propriétaires donnant la possibilité d’aides communales

-         Convention commune avec l’Etat et l’ANAH pour la mise en place d’une Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat (OPAH)

 

Le projet municipal de rénovation du vieux Wissous en est resté à cette étude. Pourtant avec un peu de volonté et de courage il était possible de redonner vie à notre centre ville. Cette étude a montré que cela était possible et que la qualité architecturale du patrimoine immobilier de la commune en valait la peine.

 

Depuis le patrimoine, propriété de la commune,  continue de se dégrader et l’activité commerçante reste toujours aussi atone, malgré l’arrive d’un brocante rue Victor Baloche.

Il suffit de voir dans quels états sont :

-         le pavillon du gardien du domaine les Etangs

-         le legs Dhommée

-         l’ancienne imprimerie Lalande

-         le château Gaillard et son orangerie

-         la maison du 17ième siècle du 21 rue Paul Doumer.

-         le bâtiment de l’ancienne mairie et de la poste.

Tous ces bâtiments appartiennent à la commune mais depuis des décennies toutes les municipalités qui se sont succédé, les ont abandonnées sans aucun entretien et sans prendre la moindre mesure conservatoire pour éviter leur dégradation.

Dans la période 1970/1990, on a assisté à la disparition de deux lavoirs, d’un abreuvoir, d’une des deux seules gares de l’Arpajonnais, d’une maison de maître rue Paul Doumer ancien pensionnat de jeunes filles, mais également à la restauration de la de la maison de maître du domaine Les Etangs et de certaines de ses dépendances, ainsi que du dernier lavoir de Wissous et de l’église.

 

Les seules restaurations  réalisées dans le vieux Wissous depuis une quinzaine d’années, sont l’oeuvre de particuliers. Nous citerons :

-         celle remarquable  de la ferme sise 27 rue Amiral Mouchez

-         la rénovation complète et également exemplaire  de l’ancienne forge au 6 et 8 rue Victor Baloche

-         la façade du bâtiment 2 rue Victor Baloche

-         le pavage de la cour de la Grange aux Dîmes

-         la façade du bâtiment situé au 2 rue Mondétour et les murs extérieurs de la ferme Baloche dans la même rue.

 

Nous voudrions enfin féliciter les propriétaires de la maison sise au 5 rue A. Dolimier. Celle-ci abandonnée pendant des décennies a été  restaurée malgré bien des difficultés.  Cette réhabilitation permettra à la place de l’église de conserver son aspect et son charme quand les autres bâtiments situés sur cette place auront été restaurés.  

 

Il ne suffit pas prétendre conserver l’esprit village et laisser le bâtit ancien se dégrader et ignorer  sa spécificité unique à 10 kms de Paris   

 

  Un potentiel énorme est sacrifié et consternés nous ne voyons rien venir. Des communes moins riches que Wissous et ayant un potentiel patrimonial de plus faible qualité ont pourtant réhabilité et redonné vie à leur centre historique.

 

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Published by apepaw - dans Patrimoine
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